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Posté le 29 mai 2012 - Rubrique Evénements

Samedi soir, en cette veille de Pentecôte, treize adultes ont reçu le sacrement de confirmation en l’église Saint-Pierre de Dijon.


Dans un édifice bien rempli, Mgr Minnerath a présidé la cérémonie, assisté par cinq prêtres et un diacre.

L’homélie prononcée par l’archevêque a rappelé aux fidèles que « l’Esprit Saint est l’achèvement de toute chose. Nous ne pouvions ni le recevoir ni le reconnaître avant que Jésus ait réalisé son œuvre ».
Le prélat a notamment ajouté que la Pentecôte était « l’antithèse de la tour de Babel : c’est l’unité du genre humain, l’unité de notre personne » et que Jésus avait « donné sa vie pour que nous entrions dans la sienne et c’est l’Esprit Saint qui nous y conduit ».
 

Avant de délivrer l’imposition des mains et l’onction du Saint Chrême, Mgr Minnerath a conclu en s’adressant à tous les confirmands : « Nous vous souhaitons de laisser l’Esprit Saint vivre en vous. Qu’Il vous pousse toujours plus loin dans votre vie, qu’Il soit la certitude que Dieu est avec vous et que notre vie habitée par l’Esprit Saint est un merveilleux message d’amour pour tous les hommes ».

Les treize adultes ont ensuite été appelés par l’archevêque avant de recevoir le sacrement de confirmation. Originaires des paroisses dijonnaises de Saint-Pierre, Notre-Dame et Sainte Jeanne d’Arc, certains d’entre eux étaient issus de la paroisse de Beaune ou encore du Centre Catholique Universitaire (CCU).

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Posté le 22 mai 2012 - Rubrique Evénements

En ce jeudi de l’Ascension, le diocèse était mobilisé pour vivre la fin de la première étape de Diaconia 2013, évènement national décliné dans tous les diocèses de France.

L’église Sainte-Bernadette de Dijon a rassemblé plus de 200 personnes (plus de 300 pour la messe d’envoi dont 28 prêtres et diacres) en ce 17 mai ensoleillé. Au cours de la journée, un programme varié : chants (participation de Jean-Michel Pelotte, du Père Raoul Mutin et d’une chorale de gospel), conférences (Jean-Philippe Pierron, professeur de philosophie à l’Université Lyon III, et Mgr Minnerath, archevêque de Dijon,  qui ont chacun leur tour évoquer la vie quotidienne, la dialectique de la louange, la vie de la cité, et le lieu du service ordinaire), témoignages (un membre du Secours Catholique, un membre d’une Equipe d’Animation Paroissiale et le diacre permanent à la pastorale des personnes handicapées ont évoqué la notion de service qui habite leur quotidien dans leurs activités diverses), échanges (plusieurs ateliers étaient proposés) et prières.

Comme indiqué précédemment, les participants ont pu s’inscrire dans trois ateliers parmi les neuf proposés (Paroisse, Prière, Monde associatif, Ouverture au monde, Voisinage, Ecole, Famille inter génération, Santé, Travail) pour échanger sur un thème de société particulier.

Plusieurs panneaux décrivant l’activité de nombreux mouvements, associations ou services, étaient installés à différents endroits de l’église Sainte-Bernadette, offrant ainsi tout un parcours aux participants.

La journée s’est terminée par une messe, présidée par Mgr Minnerath. Au cours de la célébration, les livres recueillant l’ensemble des Fragilités et les Merveilles ont été déposés devant l’autel.

A la fin de l’Eucharistie, Sœur Elisabeth, membre de l’équipe nationale organisatrice de Diaconia 2013, a appelé l’assemblée à « poursuivre sur cette voie » et à « redonner la parole à tous ceux qui l’ont perdu ou que l’on n’écoute plus », avant de donner rendez-vous à tous les Côte d’Oriens à Lourdes à l’Ascension 2013.

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Posté le 16 mai 2012 - Rubrique Evénements

Au cours du colloque pluridisciplinaire - qui s’est tenu à Dijon les vendredi 11 et samedi 12 mai 2012 au Centre Universitaire Catholique de Bourgogne (CUCDB) à l’initiative de Victor Larger, Délégué épiscopal à la pastorale de la famille et Philippe Despine, professeur de philosophie - hommes d’Eglise, philosophes, juristes, pédiatres, psychanalystes et cardiologues ont apporté un éclairage très instructif sur la réalité contemporaine de la filiation. Au fil de ces deux journées, riches en échanges avec le public, se sont dessinées plusieurs lignes de force.

 

La première soulignée, entre autre, par Monseigneur Tony Anatrella, psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale, à savoir que « l’enfant n’est plus appelé à la vie pour lui-même ». L’enfant est, précise-t-il, aujourd’hui amené « à soutenir et épanouir l’adulte ». « Il n’assure donc plus la pérennité de la famille ». Ainsi « n’exprime-t-il plus le sens de la filiation ». Le philosophe Pascal Jacob, de l’Institut de Philosophie Comparée de Paris, parlant de « filiation au pluriel », ne manque pas de constater, pour sa part, une « instrumentalisation de l’enfant qui permet au couple d’être reconnu comme famille ». « C’est l’enfant qui donne dorénavant le statut de famille ». Michèle Dion, Professeur de démographie à l’Université de Bourgogne, rappelle que « les parents n’attendent plus de garçon comme premier enfant » pour la raison suivante que l’idée de « transmettre un nom de famille n’a plus autant de sens qu’autrefois ». Il est un fait que « la valeur du nom de famille disparaît » progressivement ainsi que « l’idée de la force du nom ». De ce point de vue, « le droit a suivi l’évolution des mœurs » comme l’a dit Maître Annie Pernelle, avocate au barreau de Dijon et spécialiste du droit des personnes ; et, d’ajouter, que si le Code civil protégeait la filiation légitime, la loi du 3 janvier 1972 pose dorénavant l’égalité de la filiation légitime et naturelle. Désormais « ne sont pris en compte que les filiations dans et hors mariage » à tel point que, depuis dix ans, le Centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin propose « une consultation d’éthique aux patients, aux familles, ainsi qu’aux aides-soignants ». A travers « une aide à la décision », ce centre, fondé par la cardiologue Véronique Fournier, permet d’apporter un accompagnement et une écoute sur des situations non prévues par la loi et « auxquelles ne répond pas toujours le Conseil National d’Ethique ». L’intervention de Véronique Fournier a été très remarquée à cause, précisément, de ses prises de position en faveur des personnes en souffrance d’un « désir d’enfant » ne pouvant être satisfait pour des raisons d’orientation sexuelle, etc., et qui, dans certaines situations, n’hésitaient pas à recourir à la gestation pour autrui ; bien qu’illégale, elle n’en a pas moins une réalité sur le terrain. De ce point de vue, le droit est apparu avec ses lacunes et ses failles. Ainsi a-t-il été mentionné, au cours d’une autre conférence, le cas d’un père de famille qui s’est vu refuser une demande de reconnaissance en filiation pour avoir dédommagé financièrement une jeune indienne. Mais dans le même temps, et selon les propos de Monseigneur Anatrella, « la filiation devient de plus en plus en plus une fiction juridique sinon une construction sociale et ce au moyen d’une instrumentalisation de l’adoption ». A ce sujet, le Docteur Jean Vital de Monléon, pédiatre au Centre hospitalier universitaire de Dijon, a fait à cette occasion une rétrospective des représentations mythologiques et littéraires de l’adoption à travers l’histoire. 

 

La deuxième ligne de force de ce colloque porte sur l’existence d‘une « désincarnation de la filiation ». Celle-ci tend « à devenir de plus en plus symbolique et de moins en moins naturelle ». « S’affranchir du biologique », affirme le philosophe Michel Boyancé, Doyen de l’IPC Paris Facultés libres de Philosophie et de Psychologie, « c’est donner la place au symbolique ». « Nous parlons dorénavant des familles et non plus de la famille ». Dès lors, « l’ordre symbolique alimente le droit et la jurisprudence ; le symbolique prenant la place de la réalité ». Ceci est la conséquence du fait que la société met désormais l’accent sur « les fonctions paternelles ou maternelles au détriment du père et de la mère comme êtres incarnés ». Or « le père est, par exemple, un être de chair et ne se réduit pas à une fonction symbolique » (Monseigneur Anatrella). Ce point a été évoqué également à plusieurs reprises et, en particulier, par Dominique Reniers, Professeur en psychologie clinique, de l’Université catholique de Lille. Et s’il doit y avoir du symbolique, ce que Michel Boyancé est près à reconnaître, encore convient-il « de ne pas le dénaturer ». « Une symbolique de la filiation doit s’incarner dans le corporel » d’où « une symbolisation du corps sexué » (Monseigneur Anatrella) et que, pour ce faire, il convient de tenir compte, comme le précise fort justement le Professeur Emmanuel Sapin, chef de service dans le service Chirurgie pédiatrique au Centre hospitalier universitaire de Dijon, « d’une réalité concrète à savoir que l’être humain est sexualisé ». « C’est, ajoute-t-il, une donnée réelle ». Sinon et tel est le danger, « parentalité et filiation tendent à devenir abstraite » (Pascal Jacob). Dès lors, il est un impératif, celui de remonter aux principes car c’est cela la vocation de la philosophie comme le rappelle le professeur Michel Bastit, Professeur de Philosophie à l’Université de Bourgogne et Président fondateur de la Société Internationale de Philosophie réaliste, s’interrogeant sur le rapport « de dépendance de la filiation à l’identité ». Ce professeur défend la thèse d’une « priorité de l’identité sur la filiation ». Ainsi a-t-il été naturellement question de l’hérédité génétique par Stéphane Bauzon, Professeur de droit et de philosophie du droit à l’Université d’Etat « Tor Vergata » de Rome et Professeur d’éthique à l’Université Pontificale Saint Thomas d’Aquin-Angelicum de Rome. « Cette hérédité génétique ne doit pas être refusée ». « Elle exprime une généalogie » et, en ce sens, cet héritage biologique ne constitue pas un déterminisme absolu puisque le « corps est esprit ».

 

Ce point inaugure la troisième ligne de force de ces conférences. Elle a été clairement argumentée par Monseigneur Jean-Pierre Batut, Evêque auxiliaire de Lyon, et Dom Olivier Quenardel, abbé de Citeaux. Pour celui-ci, « la filiation spirituelle n’exclut pas la dimension biologique de la filiation ». « L’Esprit Saint féconde le biologique » pour montrer ainsi l’importance de la filiation spirituelle. En effet, Monseigneur Jean-Pierre Batut a mis en évidence combien « l’homme est désireux de bâtir son unité âme/corps ou esprit/matière dans une relation de filiation à Dieu fondatrice de toutes les autres relations » et que « la destinée de l’homme est précisément une destinée filiale inséparable de l’Incarnation ». C’est alors que Monseigneur Roland Minnerath, Archevêque de Dijon, a clos ces rencontres pluridisciplinaires en appuyant l’idée selon laquelle « la filiation biologique renferme une filiation affective et spirituelle, qu’elle les contient en puissance » mais pour cela « le chrétien est appelé à se découvrir fils ou fille adoptif de Dieu ». Cette requête est fondamentale dans la mesure où, comme le faisait observer Dom Quenardel, « entrer dans une démarche de filiation spirituelle préserve de grands dangers ». En effet, le plus grand danger qui menace l’homme contemporain n’est-il pas « d’être à soi-même son propre maître » ? En matière de filiation, l’homme ne joue-t-il pas aux apprentis sorciers en cherchant à développer une volonté de puissance ?

Vous retrouverez toutes ces conférences dans un volume à paraître.

Un grand merci pour tous les conférenciers et la très grande qualité de leurs conférences.

 

                                                 Philippe Despine, docteur et professeur en philosophie

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Posté le 10 mai 2012 - Rubrique Evénements

Le Service famille du Diocèse de Dijon organise pour la deuxième année consécutive un colloque philosophique sur le thème de la filiation : fils ou fille, entre intention et biologie.

Ces deuxièmes Universités de la famille se tiendront comme l’année dernière au Centre Universitaire Catholique de Bourgogne (CUCDB) les vendredi 11 et samedi 12 mai 2012. Elles réuniront des personnalités nationales et locales autour d’une question familiale : la filiation est-elle uniquement affaire de transmission génétique ou de projet parental ?

 

Nous aurons le plaisir d’entendre les conférences :

- de membres éminents de l’Eglise, Monseigneur Jean-Pierre Batut, Evêque auxiliaire de Lyon, Professeur extraordinaire à la faculté Notre-Dame de l’Ecole cathédrale à Paris ; Monseigneur Tony Anatrella, Psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale, ainsi que Dom Olivier Quenardel, abbé de Citeaux.

- d’une spécialiste des questions juridiques, Maître Annie Pernelle, avocate au barreau de Dijon, spécialiste du droit des personnes.

- d’une spécialiste des questions liées à l’étude scientifique des populations, Michèle DION, Professeur des Universités en démographie à Dijon.      
- des philosophes Michel BOYANCE, Doyen et Directeur de l’IPC Paris ; Pascal Jacob, Professeur Agrégé de Philosophie, à l’IPC Paris ; Stéphane Baujon Professeur de philosophie du droit à l’Université d’Etat « Tor Vergata » de Rome et professeur d’éthique à l’Université Pontificale Saint Thomas d’Aquin-Angelicum également de Rome, ainsi que Michel Bastit, Professeur au Département de Philosophie de l'Université de Bourgogne.

- de spécialistes de différentes disciplines médicales Véronique Fournier, cardiologue et fondatrice du Centre d'éthique clinique de l'hôpital Cochin ; Dominique Reniers, Professeur en Psychologie Clinique à l’Université Catholique de Lille et Jean Vital de Monléon, Pédiatre au Centre Hospitalier Universitaire de Dijon, chercheur en anthropologie et membre du Conseil supérieur de l'adoption.


Ces deuxièmes Universités de la famille s’achèveront par l’intervention de Monseigneur Roland MINNERATH, Archevêque de Dijon.


Temps fort de la vie du diocèse, ce colloque s’adresse à tous ceux et celles qui s’interrogent sur l’évolution de la famille : parents, jeunes, éducateurs, grands-parents, et qui œuvrent au quotidien à faire vivre le sens de la famille. Les mouvements et associations du service familles du Diocèse sont attendus pour participer à ce grand rendez-vous. 


 

Plus d'informations sur Plus d'informations sur http://blogdesfamilles.over-blog.fr  ou à l'adresse service.familles21@gmail.com.


Ci-joint en PDF, le programme définitif des Universités de la Famille ainsi qu'une bulletin d'inscription.
 

Ci-dessous, un article de Philippe Despine, docteur et professeur en philosophie, à propos de ce colloque à ne pas manquer.

 

 

 

 

A l’heure où la famille reste une valeur sociale et devant l’évolution du modèle familial, les Universités de la famille du diocèse de Dijon vont porter leur regard sur une réalité naturelle : la filiation.

Du latin filiatio, celle-ci désigne l’idée d’un lien de parent à enfant dans la longue suite des générations qui se succèdent. Elle désigne donc une parenté de sang c’est-à-dire un lien de descendance de l’enfant par rapport à son père et à sa mère. Néanmoins à côté des liens de filiation coexistent des liens de filiation adoptive. Dans ce cas précis, la loi reconnait un lien entre des parents et un enfant. Ce lien de filiation est fictif mais traduit juridiquement un lien civil. Or devant l’émergence des parentés dites sociales, nous concourons à confondre le lien symbolique qui lie un enfant adopté à ses parents adoptifs avec les pseudos-liens de parenté que la société tente de construire ou d’imposer entre des dits beaux-parents et les dits beaux-enfants ou bien les enfants conçus artificiellement au nom du progrès technico-scientifique. La société met alors l’accent sur le symbolique au nom des sentiments d’affection comme pouvant permettre à tout à chacun de jouer le rôle d’un père ou d’une mère.

 

Ne devons-nous pas alors nous laisser interroger par ce rapport de filiation au sein même de l’adoption ? N’y a-t-il pas des liens de filiations plus forts que les liens du sang et qui s’établissent par des liens spirituels ? Mais est-ce aussi simple ?

 

Tel est bien le problème que pose la déconstruction de la famille mise en lumière à l’occasion des premières universités de la famille tenues à Dijon en mars 2011. Tel est aussi le problème que posent les progrès des sciences et des techniques en transgressant les lois naturelles de la procréation. L’homme n’est-il pas devenu un matériau pour son prochain ? En effet, la science et la médecine ont permis en 2008 à une grand-mère japonaise de soixante ans de donner le jour à « sa petite-fille ». Encore, récemment, en France, une famille faisait appel à une gestatrice américaine pour porter un embryon conçu in vitro avec les gamètes du père et les ovocytes d’une donneuse. Telle est cette « déspiritualisation » de l’homme que constatait Georges Bernanos. Nous n’avons plus qu’une définition matérielle de l’homme.

 

Les liens biologiques et généalogiques qui unissent un enfant à ses parents sont dorénavant bouleversés. L’idée même de filiation perd de son sens. La réalité même de la filiation disparaît. L’évolution de la structure familiale crée des parentés fictives sous couvert du symbolique. La société fait dorénavant coexister une parenté généalogique sur fond biologique comme c’est le cas dans le cadre du sacrement de mariage et de nouvelles parentés dorénavant appelées parentés sociales. Or celui ou celle qui élève un enfant, qui en est l’éducateur, mais dont le lien ne repose pas sur la reproduction sexuée ou sur une reconnaissance adoptive et donc sans lien généalogique peut-il, de fait, se reconnaitre légitimement comme père ou mère ? L’idée même de parenté sociale n’est-elle pas dépourvue de sens ? De ce point de vue, la société ne fabrique-t-elle pas des parents artificiels ? Comme le fait remarquer très justement le philosophe belge, Marcel de Corte, le langage est à ce sujet instructif. Nous n’hésitons pas à employer des formules toutes faites comme « faire famille », « faire un enfant », « faire société », « se construire », pour désigner de nouvelles réalités qui ne sont plus naturelles et qui sont totalement fictives sinon artificielles. Si l’homme se fait, se construit, alors la filiation n’a plus de sens. Et la notion de filiation suit à son tour l’évolution du langage propre à notre civilisation industrielle. Ainsi la raison est au service de nos désirs et la science et la technique n’ont de cesse de nous montrer leur capacité de maîtrise du vivant au détriment de notre humanité. Dès lors aux côtés des procédures d’adoption, nous voyons se multiplier des pseudos parentés dites sociales. Mais quel sens donner à cette remise en cause de la lignée biologique légitimée par le mariage ? N’assistons-nous pas à une disparition progressive des liens généalogiques constitutifs d’une mémoire familiale ? Il est loin le temps où l’individu cherchait à se prévaloir d’une lignée, d’un lignage….

Ne convient-il pas de rappeler qu’il n’existe qu’une filiation naturelle - et si possible dans le cadre des liens du mariage - et que parmi les filiations symboliques l’homme n’en connaît que deux - outre la filiation adoptive – la première celle qui nous lie à Dieu nous faisant enfant de Dieu. Ainsi nous descendons spirituellement de sainte Geneviève, de saint Louis, de sainte Jeanne d’Arc, du bienheureux Charles de Foucauld, etc. Quant à la seconde, elle nous lie à une patrie, à une province, du latin patria, la terre du père. Mais aujourd’hui, ce mot de patrie n’a plus qu’un sens odieux et ridicule. Comme nous sommes les enfants de tel père et de telle mère, nous sommes également liés naturellement à une communauté de naissance, une cité des hommes, elle-même reliée à la cité de Dieu. Encore faut-il se convaincre que la famille ou la société soient des réalités naturelles. Antoine de Saint Exupéry résumait ces deux filiations symboliques par ces mots : « On est l’homme d’une patrie, d’un métier, d’une civilisation, d’une religion. On n’est pas un homme tout court ».

Un tel colloque montrera certainement que l’homme tend de plus en plus à être « déraciné de son être », c’est-à-dire séparé de ses filiations naturelles et spirituelles comme le soulignait si bien le philosophe Marcel de Corte

 

                                                                 Philippe Despine, docteur et professeur en philosophie

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