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Posté le 16 mai 2012 - Rubrique Evénements

Au cours du colloque pluridisciplinaire - qui s’est tenu à Dijon les vendredi 11 et samedi 12 mai 2012 au Centre Universitaire Catholique de Bourgogne (CUCDB) à l’initiative de Victor Larger, Délégué épiscopal à la pastorale de la famille et Philippe Despine, professeur de philosophie - hommes d’Eglise, philosophes, juristes, pédiatres, psychanalystes et cardiologues ont apporté un éclairage très instructif sur la réalité contemporaine de la filiation. Au fil de ces deux journées, riches en échanges avec le public, se sont dessinées plusieurs lignes de force.

 

La première soulignée, entre autre, par Monseigneur Tony Anatrella, psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale, à savoir que « l’enfant n’est plus appelé à la vie pour lui-même ». L’enfant est, précise-t-il, aujourd’hui amené « à soutenir et épanouir l’adulte ». « Il n’assure donc plus la pérennité de la famille ». Ainsi « n’exprime-t-il plus le sens de la filiation ». Le philosophe Pascal Jacob, de l’Institut de Philosophie Comparée de Paris, parlant de « filiation au pluriel », ne manque pas de constater, pour sa part, une « instrumentalisation de l’enfant qui permet au couple d’être reconnu comme famille ». « C’est l’enfant qui donne dorénavant le statut de famille ». Michèle Dion, Professeur de démographie à l’Université de Bourgogne, rappelle que « les parents n’attendent plus de garçon comme premier enfant » pour la raison suivante que l’idée de « transmettre un nom de famille n’a plus autant de sens qu’autrefois ». Il est un fait que « la valeur du nom de famille disparaît » progressivement ainsi que « l’idée de la force du nom ». De ce point de vue, « le droit a suivi l’évolution des mœurs » comme l’a dit Maître Annie Pernelle, avocate au barreau de Dijon et spécialiste du droit des personnes ; et, d’ajouter, que si le Code civil protégeait la filiation légitime, la loi du 3 janvier 1972 pose dorénavant l’égalité de la filiation légitime et naturelle. Désormais « ne sont pris en compte que les filiations dans et hors mariage » à tel point que, depuis dix ans, le Centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin propose « une consultation d’éthique aux patients, aux familles, ainsi qu’aux aides-soignants ». A travers « une aide à la décision », ce centre, fondé par la cardiologue Véronique Fournier, permet d’apporter un accompagnement et une écoute sur des situations non prévues par la loi et « auxquelles ne répond pas toujours le Conseil National d’Ethique ». L’intervention de Véronique Fournier a été très remarquée à cause, précisément, de ses prises de position en faveur des personnes en souffrance d’un « désir d’enfant » ne pouvant être satisfait pour des raisons d’orientation sexuelle, etc., et qui, dans certaines situations, n’hésitaient pas à recourir à la gestation pour autrui ; bien qu’illégale, elle n’en a pas moins une réalité sur le terrain. De ce point de vue, le droit est apparu avec ses lacunes et ses failles. Ainsi a-t-il été mentionné, au cours d’une autre conférence, le cas d’un père de famille qui s’est vu refuser une demande de reconnaissance en filiation pour avoir dédommagé financièrement une jeune indienne. Mais dans le même temps, et selon les propos de Monseigneur Anatrella, « la filiation devient de plus en plus en plus une fiction juridique sinon une construction sociale et ce au moyen d’une instrumentalisation de l’adoption ». A ce sujet, le Docteur Jean Vital de Monléon, pédiatre au Centre hospitalier universitaire de Dijon, a fait à cette occasion une rétrospective des représentations mythologiques et littéraires de l’adoption à travers l’histoire. 

 

La deuxième ligne de force de ce colloque porte sur l’existence d‘une « désincarnation de la filiation ». Celle-ci tend « à devenir de plus en plus symbolique et de moins en moins naturelle ». « S’affranchir du biologique », affirme le philosophe Michel Boyancé, Doyen de l’IPC Paris Facultés libres de Philosophie et de Psychologie, « c’est donner la place au symbolique ». « Nous parlons dorénavant des familles et non plus de la famille ». Dès lors, « l’ordre symbolique alimente le droit et la jurisprudence ; le symbolique prenant la place de la réalité ». Ceci est la conséquence du fait que la société met désormais l’accent sur « les fonctions paternelles ou maternelles au détriment du père et de la mère comme êtres incarnés ». Or « le père est, par exemple, un être de chair et ne se réduit pas à une fonction symbolique » (Monseigneur Anatrella). Ce point a été évoqué également à plusieurs reprises et, en particulier, par Dominique Reniers, Professeur en psychologie clinique, de l’Université catholique de Lille. Et s’il doit y avoir du symbolique, ce que Michel Boyancé est près à reconnaître, encore convient-il « de ne pas le dénaturer ». « Une symbolique de la filiation doit s’incarner dans le corporel » d’où « une symbolisation du corps sexué » (Monseigneur Anatrella) et que, pour ce faire, il convient de tenir compte, comme le précise fort justement le Professeur Emmanuel Sapin, chef de service dans le service Chirurgie pédiatrique au Centre hospitalier universitaire de Dijon, « d’une réalité concrète à savoir que l’être humain est sexualisé ». « C’est, ajoute-t-il, une donnée réelle ». Sinon et tel est le danger, « parentalité et filiation tendent à devenir abstraite » (Pascal Jacob). Dès lors, il est un impératif, celui de remonter aux principes car c’est cela la vocation de la philosophie comme le rappelle le professeur Michel Bastit, Professeur de Philosophie à l’Université de Bourgogne et Président fondateur de la Société Internationale de Philosophie réaliste, s’interrogeant sur le rapport « de dépendance de la filiation à l’identité ». Ce professeur défend la thèse d’une « priorité de l’identité sur la filiation ». Ainsi a-t-il été naturellement question de l’hérédité génétique par Stéphane Bauzon, Professeur de droit et de philosophie du droit à l’Université d’Etat « Tor Vergata » de Rome et Professeur d’éthique à l’Université Pontificale Saint Thomas d’Aquin-Angelicum de Rome. « Cette hérédité génétique ne doit pas être refusée ». « Elle exprime une généalogie » et, en ce sens, cet héritage biologique ne constitue pas un déterminisme absolu puisque le « corps est esprit ».

 

Ce point inaugure la troisième ligne de force de ces conférences. Elle a été clairement argumentée par Monseigneur Jean-Pierre Batut, Evêque auxiliaire de Lyon, et Dom Olivier Quenardel, abbé de Citeaux. Pour celui-ci, « la filiation spirituelle n’exclut pas la dimension biologique de la filiation ». « L’Esprit Saint féconde le biologique » pour montrer ainsi l’importance de la filiation spirituelle. En effet, Monseigneur Jean-Pierre Batut a mis en évidence combien « l’homme est désireux de bâtir son unité âme/corps ou esprit/matière dans une relation de filiation à Dieu fondatrice de toutes les autres relations » et que « la destinée de l’homme est précisément une destinée filiale inséparable de l’Incarnation ». C’est alors que Monseigneur Roland Minnerath, Archevêque de Dijon, a clos ces rencontres pluridisciplinaires en appuyant l’idée selon laquelle « la filiation biologique renferme une filiation affective et spirituelle, qu’elle les contient en puissance » mais pour cela « le chrétien est appelé à se découvrir fils ou fille adoptif de Dieu ». Cette requête est fondamentale dans la mesure où, comme le faisait observer Dom Quenardel, « entrer dans une démarche de filiation spirituelle préserve de grands dangers ». En effet, le plus grand danger qui menace l’homme contemporain n’est-il pas « d’être à soi-même son propre maître » ? En matière de filiation, l’homme ne joue-t-il pas aux apprentis sorciers en cherchant à développer une volonté de puissance ?

Vous retrouverez toutes ces conférences dans un volume à paraître.

Un grand merci pour tous les conférenciers et la très grande qualité de leurs conférences.

 

                                                 Philippe Despine, docteur et professeur en philosophie

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Posté le 15 mai 2012 - Rubrique Pèlerinage

La Terre Sainte, c’est 4000 ans de relation entre Dieu et son peuple qui nous permettent de dire que cette terre est sainte. Et le sommet de cette histoire sainte, c’est la vie du Christ.

Un pèlerinage en Terre Sainte, c’est mettre ses pas dans les pas du peuple de Dieu. Après un pèlerinage en terre Sainte, on ne lit plus la Bible de la même manière. Les textes écoutés dans la liturgie deviennent plus concrets, résonnent les uns avec les autres : l’Incarnation de Dieu prend toute sa dimension.

De plus la découverte et la rencontre de la diversité des chrétiens, des rites et des traditions nous invitent à contempler l’Eglise d’aujourd’hui.

C’est à cette expérience que le service diocésain des pèlerinages vous convie : cheminer 9 jours avec le Christ en Terre Sainte.

Du mercredi 17 au jeudi 25 octobre 2012, ce pèlerinage accompagné par le P. Eric Millot, vicaire général du diocèse de Dijon, vous conduira à la découverte du désert pour refaire le chemin de l’Exode à la suite de Moïse, de la mer morte et des rives du Jourdain où Jésus fut baptisé, de Nazareth et de toute la Galilée où Jésus vécut sa vie publique jusqu’à Jérusalem où le Christ fut crucifié et ressuscité.

 

Programme du pèlerinage et renseignements dans le document joint. 

Bulletin d'inscription ici : http://catholique-dijon.cef.fr/content/services/pdf/INSCRIPTION%20TERRE%20SAINTE%20OCT.pdf

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Posté le 14 mai 2012 - Rubrique Culture et patrimoine

A l'occasion de la Nuit des Cathédrales, Saint-Bénigne de Dijon a brillé de plein feux ce week-end, attirant une foule importante.

Le coup d'envoi de cet évènement a été lancé vendredi soir avec le "concert flamboyant", au cours duquel la Maîtrise a interprété un répertoire de compositeurs du XIXè siècle : des pièces de César Frank et Charles-Marie Widor, des extraits de la Messe solennelle de Louis Vierne, des morceaux de Gabriel Fauré et le Vexilla Regis d’Anton Bruckner. 

La cathédrale, baignée de lumières, a accueilli un public nombreux, disposé exceptionnellement "à l'anglaise", c'est à dire tourné face-à-face vers l'allée centrale et non vers le choeur. L'assemblée a ainsi pu découvrir mille détails de l'édifice mis en valeur par les illuminations prévues pour l'occasion.

Le lendemain, samedi 12 mai, Saint-Bénigne participait pour la première fois à la Nuit des Cathédrales, évènement européen. 

Après des animations durant la journée autour de l'histoire de l'édifice, une soirée exceptionnelle était proposée. 

Mgr Roland Minnerath, archevêque de Dijon, a accueilli le public en rappelant notamment l'origine du mot cathédrale : "la cathédrale est le lieu où il y a la cathèdre, le siège de l'évêque. C'est le signe d'une autorité d'enseignement, de la présidence de l'eucharistie et de la présidence de la communauté diocésaine. C'est également le signe de la succession apostolique".

L'archevêque a également rappelé à l'assemblée que la cathédrale était "le lieu où l'église diocésaine se rassemble à certaines occasions particulières", comme la messe chrismale où lors des ordinations par exemple, mais aussi "le lieu de rassemblement et d'unité de tout le diocèse".

Après cette introduction par le prélat dans une cathédrale illuminée comme pour le concert de la veille, la soirée a vu se succéder jusqu'à minuit des exposés d'experts de l'édifice, des moments musicaux (concert d'orgues et de violoncelles), et artistiques (chorégraphies, improvisations de danse). Elle s'est achevée vers minuit avec les complies chantés par le choeur des Ambrosiniens, pour le plus grand émerveillement de tous.






Crédits photos : M-A et M-D Trapet

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Posté le 14 mai 2012 - Rubrique Carnet

Le Père Henri MAIREY, prêtre du diocèse de Besançon, est décédé ce samedi 12 Mai 2012 à l’hôpital de Champmaillot de Dijon.

 
Ses obsèques seront célébrées le mercredi 16 mai 2012 à 9 h 00 en l’église de la Visitation de Chevigny-St-Sauveur (21).


Ci-joint, l'avis de décès du vicaire général, le Père Eric Millot.
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